Du samedi 16 novembre au samedi 14 décembre 2024

Corps mécanique
Exposition photographique de Clémence Lagache Albertini
avec l’aide de Flaminia Gallo

Le corps en soi, tel que nous le concevons dans l’acception généralisée de cette expression, est une machine parfaite. Un ensemble d’éléments parfaitement répartis, s’emboîtant et se compensant dans leurs mille fonctions et agencements. Ce n’est pas seulement notre avis, René Descartes lui-même évoque cette idée dans l’un de ses textes ; mais à quel point nous rapprochons-nous alors d’un modèle de perfection et de construction réfléchie, tel qu’on le retrouve dans les machines ?

« Je ne connais aucune différence entre les machines que font les artisans et les divers corps que la nature seule compose, sinon que les effets des machines ne dépendent que de l’agencement de certains tuyaux, ou ressorts, ou autres instruments, qui, devant avoir quelque proportion avec les mains de ceux qui les font, sont toujours si grands que leurs figures et mouvements se peuvent voir, au lieu que les tuyaux ou ressorts qui causent les effets des corps naturels sont ordinairement trop petits pour être aperçus de nos sens. »

Il est intéressant de noter que le mot « machine », au sens le plus mécanique du terme, en italien, est le même que pour désigner un « système d’engrenages » ou une « voiture ».
Dans l’exposition de Clémence Lagache Albertini, intitulée Corps mécanique, ce concept est exploré encore plus profondément. Le corps, en tant que système d’engrenages, devient, lorsqu’il est endommagé ou simplement détérioré, un simple objet nécessitant l’intervention de quelqu’un pour le réparer.
Dans ses photos, l’artiste montre comment ce processus médical est de lui-même extrêmement frappant pour l’œil humain, tout en neutralisant tout aspect émotionnel auquel nous, en tant qu’êtres humains, sommes habitués. Nos organes ou nos absences ne deviennent alors des pièces de rechange à substituer ; qu’advient-il alors de ce côté intérieur qui émane de nous ? Où est-il lorsque nous devenons nous-mêmes des machines à usage ordinaire ?
Dans les photographies de l’artiste, cet aspect ressort précisément, à la fois par une période de sa vie personnelle et par les objets représentés, tels que des déchets de la vie quotidienne.
C’est précisément là que se révèle l’intensité humaine : même en se voyant comme une machine, on retrouve en soi une âme, jusqu’au sein de ses propres engrenages corporels, eux aussi chargés d’émotions et de chaleur. Le sang et les organes sont certes des engrenages de notre corps, mais, selon la façon dont nous les regardons et les utilisons, ils représentent aussi notre essence, une part du processus créatif que l’artiste capture ici en image.

www.instagram.com/spacecleme/

INFOS PRATIQUES
. Exposition visible aux horaires d’ouverture de L’hybride.

>>> L’expo : Tout au long de l’année, L’hybride prête ses murs à des artistes ou des collectifs pour mettre en lumière leur talent et vous offrir de belles découvertes !